Nouvelle saison

Cela fait maintenant huit mois que nous avons quitté la Suisse pour venir nous installer au Mexique. Aujourd’hui, après les hauts et les bas des premiers mois, nous arrivons à dire que nous sommes chez nous au Mexique. Grâce à l’aide d’un missionnaire américain, nous sommes mieux installé.e.s à la maison ce qui nous permet d’avoir un lieu où nous ressourcer. Aussi, nous sommes de plus en plus à l’aise dans nos différents mandats ce qui aide à se projeter un peu. Bien que la Suisse nous manque tout de même, nous sommes reconnaissants pour cette nouvelle saison qui s’ouvre au Mexique.

Les Assad, préparant le message pour le dimanche de Pâques, Église Baptiste de Calihualà.

Mathilde : Nouvelles responsabilités

Comme expliqué dans la lettre de nouvelles précédente, mon activité principale est de donner des cours d’introduction à la théologie dans le cadre du programme de « formation locale » proposé par le Séminaire Baptiste de Mexico.

Jusqu’à fin 2021, mon collègue Noé Trujillo et moi nous partagions les groupes et je prenais connaissance du contenu des cours, mais maintenant que je connais le contenu, j’ai pu prendre en charge tous les groupes. Et alors qu’ils étaient cinq en fin d’année 2021, il y a maintenant onze groupes et plusieurs églises souhaitent en ouvrir des nouveaux. Cela a été rendu possible grâce à l’allègement de la situation liée au covid. Evidemment, les différentes communautés continuent à faire attention, mais se réunissent à nouveau en présence. Cela permet aux personnes qui n’avaient pas les moyens de se connecter sur Zoom de suivre le programme dans son format présentiel. Aussi, les personnes qui souffraient d’avoir perdu leur emploi en retrouvent petit à petit et suivent les cours en parallèle.

Si j’ai pris en charge le suivi des groupes suivant le programme de formation locale c’est en premier lieu pour pouvoir soutenir nos collègues mexicains. Comme vous aurez pu le constater dans la dernière lettre de nouvelles, l’équipe du Séminaire Baptiste de Mexico se compose de Javier Ulloa, Suriana Gonzalez, Noé Trujillo, Fanny Freund, Jil et moi. Or Fanny, Jil et moi sommes envoyé.e.s par DM, il y a donc uniquement trois personnes mexicaines dans l’équipe qui portent le plus gros du séminaire ensemble ce qui n’est pas une tâche facile au vu de tous les programmes et projets proposés, sans compter l’administration et la direction. De plus, cette année le SBM doit faire face à différents changements et défis, c’est pourquoi j’ai proposé de m’occuper du suivi des groupes de formation locale, afin que nos collègues puissent concentrer leurs efforts ailleurs.

De plus, étant donné que les groupes qui suivent la formation locale font partie des communautés avec lesquelles Jil va développer des projets dans le cadre du programme de pastorale sociale, cela nous permet de créer de meilleures relations dans la confiance.

En parallèle au cours, je continue à être invitée à prêcher lors des cultes des différentes communautés et je me sens de plus en plus à l’aise dans ce rôle, d’ailleurs demain à 6h du matin pour le dimanche de résurrection j’aurai l’honneur de partager un message. Et je continue aussi l’accompagnement aux communautés avec les leaders, c’est très agréable d’avancer dans les relations et de pouvoir sentir lors des visites que les personnes sont chaque fois un peu plus à l’aise.

Mathilde Assad, suivi de la Formation Locale, groupe de Mi Alto Refugio, à Chimalhuacan.

Jil : Doucement mais sûrement

De mon côté, j’avance dans le projet de « pastorale sociale », je continue d’observer, discuter et inspecter les différentes possibilités pour faire un diagnostic du potentiel de chacune des communautés partenaires. Je commence à avoir une meilleure vision des champs des possibles, cependant mon rôle est d’accompagner la mise en place de projets durables liés à la souveraineté alimentaire et non de les porter à moi tout seul. Dans ce but, il me faut maintenant mettre l’accent sur trouver des personnes motivées et prêtes à mettre en place de nouveaux projets ou à développer des projets déjà existants.

A travers les visites et les séjours dans les communautés durant lesquels nous passons du temps avec les différent.e.s leaders, je prends le temps de discuter avec elles.eux pour connaître leurs besoins, leurs envies et leur motivation, ce qui me permet de faire une liste des potentiels projets utiles et réalisables, comme par exemple :

  • la mise en place d’une coopérative pour la communauté de producteurs de café à Zongozotla
  • la mise en place de stages agricoles dans le village de Calihualà, dans l’état d’Oaxaca
  • la mise en place de potagers dans les zones en périphérie de la ville
  • etc…

Durant les visites, j’ai, par exemple, pu participer à chaque étape du processus de production du café depuis la plantation jusqu’au « café oro ». J’ai aussi fait plusieurs visites pour voir l’évolution du projet d’élevage de poules pondeuses, autour duquel se développe aussi un élevage de poissons, un élevage de cochons et la production de fromage grâce à l’élevage de vaches. Et j’ai pu rendre visite à plusieurs personnes vivant en périphérie de la ville ayant du terrain pour mettre en place un potager.

Avant la mise en place concrète de tous ces projets il y a encore beaucoup d’étapes à franchir, il me  faudra donc faire encore plusieurs visites pour pouvoir avancer avec un diagnostic plus détaillé, pour trouver des responsables, pour que chaque responsable ait une équipe, pour penser avec eux à la logistique de leur projets, puis il me faudra encore proposer un budget pour chaque projet, trouver les fonds nécessaires et  surtout il faudra m’assurer du suivi de chaque projet, arranger les « couacs » auxquels nous n’avions pas pensé et tout cela au travers de la création de relations de confiance, mais sans me rendre indispensable, car c’est ce qui permettra de mettre en place des projets pérennes.

Mis à part les projets agricoles, j’ai pris en charge une partie des ateliers de citoyenneté qui accompagnent le programme de formation locale. Et comme je vous l’avais annoncé dans la dernière lettre j’ai pu donner mes premiers ateliers de sensibilisation à l’environnement, de promotion et sensibilisation à la consommation de fruits et de légumes, tout en espagnol et avec très peu d’aide de Mathilde. Depuis, plusieurs élèves commencent à mettre en place de nouveaux fonctionnements ou habitudes au niveau alimentaire.

Ces huit derniers mois, mon niveau d’espagnol évolue et je suis ravi de voir que je suis maintenant capable d’animer des ateliers. Il me manque encore beaucoup de travail mais je comprends de mieux en mieux et je me fais chaque fois mieux comprendre.

Jil Assad, récolte dans un champs de café près de Zongozotla, Sierra Norte de Puebla.

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Mathilde et Jil Assad

Formatrice communautaire et animateur en développement communautaire

Mexique

Mathilde et Jil Assad

Envoyé.e.s depuis l’été 2021, Mathilde et Jil travaillent au sein du Séminaire baptiste de Mexico (SBM) une institution membre de la Communauté théologique de Mexico (CTM), elle aussi partenaire de DM. Ces organisations collaborent pour la formation de leaders, hommes et femmes, locaux et la consolidation de leurs églises.

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