Voyage au pays des Hommes intègres

« Une maigre nourriture, c’est la vie des pauvres. Les en priver, c’est commettre un meurtre. C’est tuer son prochain que de lui ôter sa subsistance… » Siracide 34, 21-22

J’espère vivement que vous êtes en bonne forme malgré cette pandémie qui se prolonge. Je souhaite vous faire part de ce qui occupe le Secaar actuellement, et en particulier mon récent voyage au Burkina Faso. J’aimerais également partager avec vous une réflexion sur le phénomène de la triple exclusion qui touche les paysan.ne.s du Sud et pour lequel l’agroécologie a déjà des solutions et en cherche toujours davantage.

Photo de famille de l’atelier au Burkina Faso.

Fraternité des Prisons en Côte d’Ivoire

En début d’année, le Secaar a été mandaté pour effectuer en Côte d’Ivoire l’évaluation d’un centre de réhabilitation holistique pour mineurs en difficulté avec la loi. Ce centre, ONESIM, a été créé en 2018 par la Fraternité des prisons de Côte d’Ivoire (FPCI) avec l’appui financier de l’Association Chryzalid en Suisse. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, comme dans d’autres pays d’Afrique, les jeunes s’embarquent dans des activités illégales bien souvent poussé.e.s par la faim et la pauvreté. Le Centre accueille ces jeunes et leur offre des perspectives d’avenir, notamment dans le domaine agricole, malgré le fait que les jeunes délaissent aujourd’hui ce secteur dont les travaux sont jugés trop pénibles et peu rentables. L’agroécologie leur permet pourtant de redévelopper une activité stable et rémunératrice. La Fraternité des prisons est aussi présente au Togo où elle intervient dans de nombreuses prisons pour la formation des prisonniers. Elle cherche des possibilités d’intégrer l’agriculture dans ses activités pour améliorer les conditions de vie des prisonniers. C’est un sujet sur lequel le Secaar pourrait intervenir à l’avenir au Togo.

Voyage au Burkina Faso

En avril je me suis envolé au « Pays des Hommes intègres », le Burkina Faso, où j’étais invité à participer à un atelier sur le sujet « Fragilité, agroécologie et entreprenariat ». Un thème d’une grande importance, au vu de la pandémie de Covid-19 et de ses conséquences. Une autre question importante de cette rencontre a été l’insécurité due aux groupes armés dans le Sahel. L’atelier a permis aux différents participant.e.s de se familiariser avec ces problèmes et de partager l’expérience de celles et ceux qui y sont confronté.e.s depuis longtemps. Il est important pour les ONG de se préparer et de savoir comment gérer ces situations difficiles qui impliquent souvent leur retrait de certaines régions dont les habitant.e.s se retrouvent bien seul.e.s, s’ils et elles n’ont pas déjà fui la zone. Dans d’autres cas, la cohabitation est nécessaire bien que dangereuse. Un participant burkinabé, directeur d’un centre de formation en théologie qui « outille » aussi leurs étudiant.e.s en agriculture, me racontait qu’à plusieurs reprises ils se sont retrouvé.e.s dans leurs

champs sous les tirs des groupes armés et des militaires, les obligeant à se coucher derrière leur matériel agricole. Pour le moment le Togo est relativement épargné par cette problématique présente surtout au nord du pays, mais il est important de rester vigilant et de se préparer à cette éventualité.

Phénomène de la triple exclusion

D’autres difficultés et insécurités existent depuis les débuts de l’agriculture, trois en particulier : l’accès à la terre, au travail et au marché.

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Alice Adabra et Thibaud Rossel

Collaboratrice en agroécologie et conseiller technique en agroécologie

Togo

Thibaud Alice1
Thibaud, ingénieur agronome, est envoyé depuis 2018 au Togo, auprès du Service chrétien d’appui à l’animation rurale (le Secaar). Depuis septembre 2021, c’est aussi le cas d’Alice, formée en agronomie.
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