Au cœur du projet, on est en ébullition !

Honnêtement, je ne pensais pas que l’on vivrait ici, à l’île Maurice, des choses aussi intenses ! Après une arrivée un peu chaotique, un apprentissage de la conduite à gauche sur le tas et le passage d’un cyclone, nous voilà bien à l’aise, installé.e.s dans notre maisonnette, circulant comme des locaux dans le chaos ambiant et gérant du mieux possible la chaleur étouffante qui ne nous a, pour l’instant, pas quitté.e.s !

Alix et Sascha.

Le projet s’est mis en place petit à petit

Pour voir là où je pouvais être le plus utile, j’ai fait le tour des paroisses de l’église mauricienne aux quatre coins de l’île, avec mon petit acolyte toujours à mes côtés bien sûr ! Ça nous a permis de connaître tout le monde et de répondre présent.e.s à l’appel de Pasteure Nicole, à Pointe aux Piments, qui demandait que l’on mette en place un cours de soutien scolaire aux enfants en difficulté. Il faut savoir qu’à l’Ile Maurice, les écoles sont restées fermées presque deux ans. Les enfants ont un retard phénoménal et je n’imaginais pas encore à ce moment-là l’ampleur du challenge…

En parallèle, j’ai constaté que de passer toutes mes journées avec mon petit compagnon d’aventure n’était peut-être pas la meilleure solution, même si le programme d’école à la maison avançait bien. Moi, j’avais besoin d’air, et lui, de copains ! Donc j’ai trouvé une super école privée alternative, La Palette, où j’ai pu l’inscrire immédiatement ! Je le garde cependant certains jours avec moi pour avancer son programme suisse et profiter de faire avec lui des activités de terrain.

Ça fait un peu cliché

Le soutien scolaire s’est mis en place et c’est vraiment intense !  Beaucoup d’enfants entre six et douze ans ne savent pas du tout lire, pas même déchiffrer les lettres. Je ne lâche rien. Ça fait un peu cliché, mais je me bats contre l’illettrisme.

Non seulement, il faut apprendre les bases de la lecture à des enfants complètement laissé.e.s pour compte par le système scolaire, mais en plus c’est un public qui a au maximum cinq minutes d’attention à la suite et qui n’a aucune habitude d’un cadre strict. Je dois me montrer vraiment ferme. Et ce qui est dingue, c’est qu’avec les élèves les plus perturbants, ceux avec qui je dois être vraiment sévère pour réussir à les cadrer et à leur apprendre quelque chose, eh bien c’est eux qui viennent me trouver à la fin pour me demander s’ils peuvent venir chez moi ! Je pense qu’ils sentent que j’y mets tout mon cœur et que je le fais vraiment dans la bienveillance.

À l'école maternelle.

Les animaux de la rue

Il faut savoir qu’on ne montre pas souvent la misère à l’île Maurice, mais elle est bien présente. Les gens ne vivent avec rien. La vie est extrêmement chère, les prix sont tirés vers le haut par une clientèle richissime, ce qui enfonce d’avantage les petits. C’est la dure vie pour certains. Et parmi les plus miséreux, on trouve les animaux. C’est le cheval de bataille de Sacha, qui lutte pour apporter un peu de mieux être aux chats et chiens de la rue. Quand il n’est pas à l’école, l’une de nos activités de terrain, c’est d’aller aider au refuge pour animaux abandonnés, au nord de l’île. La tâche est immense et désespérante, mais Sacha y met tout son cœur. Je suis fière de lui.

Sascha avec les chiens de la rue.

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Alix Berdoz Béchir et son fils Sacha

Enseignante

Île Maurice

Alixetsacha_carre

Alix est envoyée depuis le début d’année 2022 auprès de l’Église protestante de Maurice (EPM) pour une durée de 6 mois. Elle travaille au sein d’une école afin d’apporter un soutien à l’enseignement.

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