Regard rétrospectif

Après deux ans d’interruption, nous écrivons notre quinzième lettre de nouvelles. Il s’agit de la dernière que nous écrirons. Elle contient nos dernières activités, mais aussi quelques événements clés et expériences importantes avec un regard rétrospectif sur les huit dernières années, le tout avec un point de vue personnel.

Accueil de la délégation suisse avec des personnes mexicaines sur notre balcon à Comalera.

Aller-retour

Pour des raisons de santé et à la suite d’un mauvais traitement au Mexique, nous avons dû rentrer en Suisse début juin 2020, laissant derrière nous de nombreux projets non terminés. Mon contrat avec DM est arrivé à échéance fin 2020, tout comme la collaboration entre DM et l’INESIN. Mon intention de terminer les travaux entamés, ou au moins de les rendre de manière correcte, n’a pas pu se réaliser dans les délais prévus. Dorothea a pu continuer à suivre les cours en Suisse via Internet et est revenue dans notre appartement de San Cristobal en janvier 2021. J’ai finalement pu retourner au Chiapas pour finir mes affaires en suspens entre mi-mai et mi-août 2021. Ce retour au Chiapas est l’occasion d’écrire notre quinzième lettre de nouvelles. Il s’agit de la dernière que nous écrirons. Elle contient nos dernières activités, mais aussi quelques événements clés et expériences importantes avec un regard rétrospectif sur les huit dernières années, le tout avec un point de vue personnel.

Visite de la délégation suisse

Le premier trimestre 2020 a été largement rempli par la préparation et la visite de quatre personnes de Nesslau (Suisse-allemande). Pour commencer, elles ont pu découvrir un peu San Cristobal, visiter Chamula et Zinacantan et participer à un culte local. Le programme à proprement parler a commencé dans le petit village maya d’El Pach. Deux paysannes de Nesslau ont participé à la vie quotidienne des femmes : récolte, collecte de bois et cuisine commune, et échange d’expériences sur le statut des femmes et les problèmes quotidiens. Le village d’environ 200 habitants vit en grande partie de manière autosuffisante. C’était intéressant pour Maja et Trudy, car l’autosuffisance a aussi une grande importance dans nos familles paysannes suisses. Ma fille Dorothea a fait office de traductrice espagnol-suisse-allemand et Samaria, la cheffe locale, a traduit de l’espagnol au tseltal. Fanny Freund a aussi accompagné cette journée, qui a été considérée comme un précieux enrichissement par toutes les participantes. Malgré les différences linguistiques, culturelles, climatiques et politiques, la vie rurale des femmes ici et là-bas présente de grandes similitudes. D’un côté, l’envoi d’expert-e-s venant du Nord riche est une forme d’aide au développement, mais de l’autre, l’échange mutuel d’expériences d’égal à égal en est une autre, qui gagne à

être davantage prise en considération. Une autre mesure judicieuse serait de permettre à des femmes paysannes du Chiapas de visiter d’autres familles paysannes en Suisse.

Suite du voyage

Pour la deuxième partie du voyage, le couple de pasteur-e-s Schullerus a rejoint le groupe. Nous avons rendu visite à Mayra Dominguez à Chamic. Elle s’occupe de femmes migrantes qui viennent du Guatemala et qui sont en route vers la terre promise américaine. Elle leur offre le gîte et le couvert, un travail lorsque c’est possible, et essaie de les convaincre de repartir en arrière. Mayra est guide spirituelle maya. Elle a célébré une impressionnante cérémonie maya avec des personnes invitées des villages avoisinants et de la musique locale. Notre contribution à l’échange culturel a consisté en des yodels sans paroles du Toggenburg (Suisse-allemande), qui ont été très bien accueillis. La visite suivante a été consacrée au village de San Luis, qui compte environ 150 habitants, ainsi qu’à Elida, notre personne de contact sur place. Nous y avons travaillé des années avec le programme de reboisement. Les gens produisent presque exclusivement pour leur propre consommation, notamment du sucre en utilisant des appareils vieux de plus d’un siècle. En raison de l’arrivée du covid-19, et sur recommandation de l’ambassade suisse, le programme a malheureusement dû être interrompu prématurément, et nous avons dû entreprendre un voyage de retour aventureux. Les participant-e-s sont rentré-e-s à la maison avec de riches expériences, mais aussi avec la conviction que, en comparaison avec le Chiapas, nous nous portons excessivement bien en Suisse, y compris nos paysannes et paysans.

Repas à San Luis.

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Hans Scherrer et Dorothea

2013-2020

Mexique

Ancien.ne.s envoyé.e.s de DM qui ont collaboré
avec l’INESIN.

DM | chemin des Cèdres 5
CH-1004 Lausanne
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