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« Je changeais de disquette en changeant de continent »

Lors de la journée DM, les futur.es envoyé.es ont joué les reporters en posant quelques questions à des personnes de retour en Suisse, depuis plus ou moins longtemps ! Dans ce deuxième échange, Noémie et Tsiry Morvant, qui sont prêt.es à partir en famille à l’île Maurice, ont échangé avec Lucette Woungly-Massaga. Cette dernière a consacré plus de 25 ans de sa vie à l’Afrique comme envoyée au Rwanda et au Cameroun. Elle leur raconte ses expériences, ses découvertes et les leçons de foi qui l’ont marquée.

Lucette Woungly-Massaga à Musaza

Lucette Woungly-Massaga

Vous avez passé de nombreuses années au Rwanda et au Cameroun. Pouvez-vous partager un exemple de choc culturel (rencontre interculturelle marquante) ?

Un souvenir marquant reste ma première année comme professeure de français au Rwanda. J’ai découvert l’importance du respect de la hiérarchie : au début, mes collègues me traitaient comme une camarade, mais à partir du moment où j’ai été identifiée comme responsable, la relation a changé, et on a commencé à me vouvoyer. C’était une autre manière d’entrer en relation, où la place de chacun était déterminante.

Une église protestante au Cameroun, où Lucette Woungly-Massaga a vécu près de 20 ans.

une église protestante au Cameroun, où Lucette Woungly-Massaga a vécu près de 20 ans.

Qu’est-ce qui vous a manqué de la Suisse durant toutes ces années en Afrique ? 

Je dis souvent que je changeais de disquette chaque fois que je changeais de continent. Impossible de comparer : tout me manquait, mais si je commençais à comparer, je n’en sortirais pas vivante !

Ce qui me manquait surtout, c’était la dynamique d’Évangile vécue dans les Églises africaines. Là-bas, j’avais le sentiment d’être « au front » de l’engagement chrétien.
Dans chaque paroisse, il y avait des « guetteurs » : de la santé, de la nourriture, de la parole, des relations sociales, de la sauvegarde de la création, de la justice. Chacun recevait une formation et portait la responsabilité du bien de tous.
Cela créait une structure vivante, où l’Évangile prenait chair au quotidien.

Un souvenir marquant concernant la foi des communautés que vous avez rencontrées ?

Je me rappelle particulièrement d’une formation pour les auxiliaires de Sainte-Cène.
Nous formions des laïques afin de leur confier certaines responsabilités.
Parmi eux, une femme qui ne savait pas lire avait dû apprendre par cœur la liturgie de Sainte-Cène.
Et quand elle la récitait, avec tout son cœur, c’était bouleversant.
Sa foi, simple et profonde, continue de me toucher encore aujourd’hui.

Lucette Woungly-Massaga avec Noémie et Tsiry Morvant

Lucette Woungly-Massaga avec Noémie et Tsiry Morvant
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Noémie et Tsiry Morvant

Collaborateur.trice en développement de projets communautaires

île Maurice

Famille Morvant

S’enrichir humainement et professionnellement, en famille. Noémie, Tsiry, Chloé et Elise apporteront chacun.e à leur manière leur contribution à cet envoi, les parents en particulier dans leurs domaines de formation, de vécu paroissial et d’expériences respectifs: finances, théologie, animation communautaire, liens avec la jeunesse, etc.

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