Vivre et accompagner la foi à Maurice
Comment accompagner la foi loin de son pays d’origine tout en tissant des liens avec une nouvelle communauté ? À Maurice, l’expérience de notre envoyé Eri Koera et sa famille met en lumière les défis, les apprentissages et les fruits d’un ministère au carrefour des cultures.
Notre envoyé Eri Koera, pasteur de l’Église de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM), sa femme Sylvia et leurs enfants

Une mission qui se poursuit et s’enracine
Après la première année d’adaptation à Maurice, la période de juillet à décembre 2025 a marqué une étape décisive dans notre ministère pastoral. Peu à peu, nous avons trouvé notre rythme, non seulement dans l’organisation des activités ecclésiales, mais aussi dans la compréhension plus profonde des réalités humaines et spirituelles de la communauté malagasy vivant ici.
Ce semestre a été particulièrement riche, à la fois en engagements et en expériences. Nous avons été amené.es à intensifier notre présence à travers les cultes, les formations, les visites pastorales et les différents accompagnements spirituels. Ainsi, notre mission ne s’est pas limitée aux temps liturgiques, mais s’est déployée dans la vie quotidienne des membres, là où se vivent les véritables défis.
Une vie ecclésiale en pleine croissance
Au fil des mois, nous avons constaté avec reconnaissance que la participation aux cultes dominicaux est restée soutenue, et même encourageante. Chaque célébration a été une occasion de fortifier la foi, de nourrir l’espérance et de consolider l’unité au sein de la communauté.
Par ailleurs, les différentes activités mises en place ont contribué à structurer davantage la paroisse. Les formations destinées aux moniteurs et monitrices de l’école du dimanche, les enseignements pour les couples, ainsi que les sessions de catéchèse ont permis de mieux accompagner les fidèles dans leur croissance spirituelle. En même temps, les réunions pastorales et stratégiques ont ouvert la voie à une vision plus claire et plus cohérente pour l’avenir de la paroisse.
Entre défis et apprentissages
Toutefois, cette période n’a pas été sans défis. En effet, la disponibilité des membres reste une réalité complexe, notamment en raison des contraintes professionnelles qui limitent leur participation à certaines activités. De plus, la multiplicité des responsabilités pastorales a parfois rendu la gestion du temps plus exigeante.
Par ailleurs, l’accompagnement des travailleurs et travailleuses malagasy en difficulté s’est révélé être une mission délicate, nécessitant non seulement un soutien spirituel, mais aussi une capacité d’écoute et de médiation dans des situations parfois sensibles.
Cependant, ces défis ne nous ont pas découragé.es. Au contraire, ils nous ont poussé.es à réfléchir à une meilleure organisation du ministère, à envisager la délégation de certaines responsabilités et à structurer davantage notre action pastorale.
Mes enfants

Des opportunités porteuses d’avenir
Malgré ces difficultés, cette période a également été marquée par de nombreuses opportunités. Nous avons notamment observé un renforcement significatif des relations entre les communautés malagasy et mauricienne, en particulier à travers les cultes en commun. Ces moments ont favorisé une meilleure compréhension mutuelle et ont contribué à construire une véritable unité dans la foi.
En outre, le développement des formations a révélé un fort potentiel pour l’avenir. Les initiatives mises en place pour les couples, les jeunes et les responsables montrent que la communauté est prête à s’engager davantage dans un processus de croissance et de maturité spirituelle.
Enfin, les réflexions autour de la constitution et du plan stratégique ont permis de poser des bases solides pour l’évolution future de la paroisse.
Écouter pour mieux avancer
Les retours des membres ont été globalement très encourageants. Plusieurs ont exprimé leur gratitude pour les visites pastorales régulières, le soutien dans les moments difficiles et la qualité des prédications. Certain.es ont également souligné l’importance des messages en français, qui facilitent l’intégration et la compréhension pour les Mauricien.nes.
Néanmoins, quelques suggestions ont également été formulées, notamment en ce qui concerne la diversité des thèmes abordés et l’adaptation des horaires des activités. Ces remarques constituent pour nous une richesse, car elles nous permettent d’ajuster notre ministère afin de mieux répondre aux besoins réels de la communauté.
À l’occasion de la fête nationale Malagasy (26 juin), la communauté se rassemble dans la joie et la reconnaissance, vêtue du lamba malagasy.

Un ministère vécu en couple
Il est important de souligner que ce ministère est vécu en couple. Avec ma femme, nous collaborons étroitement dans plusieurs aspects du service pastoral, notamment dans les visites, les préparations de mariage et les accompagnements spirituels.
Cette complémentarité renforce notre engagement et nous permet de répondre plus efficacement aux attentes de la communauté. Elle constitue également un témoignage concret de la vie familiale au service de Dieu.
Mon épouse Sylvia, fidèle soutien dans la mission

Eri Koera
Pasteur à l’Eglise FJKM
Île Maurice
Eri Koera, sa femme Sylvia et leurs enfants

Eri Koera et sa famille ont quitté Madagascar pour rejoindre l’île Maurice, où beaucoup de leurs compatriotes sont installé.es et travaillent. Pasteur de l’Église de Jésus-Christ à Madagascar (FJKM), il poursuit donc son ministère dans un contexte différent et contribue à pérenniser le ministère de l’Eglise presbytérienne de Maurice (EPM) auprès des résident.es malgaches à Maurice.








