Santé de base : Centre de santé de Rocha Pinto
Rocha Pinto est un quartier de Luanda qui, durant la guerre, est devenu surpeuplé. De nombreux Angolais y sont venus chercher la sécurité qui leur faisait défaut dans les provinces. Actuellement, environ 8'000 personnes y résident, dont de très nombreux réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo. Les conditions de salubrité y sont extrêmement précaires : les installations sanitaires sont délabrées ou inexistantes. Le quartier ne bénéficie pas d’un réseau d’eau potable et les épidémies y sont fréquentes : maladies intestinales, pulmonaires, infections urinaires et typhoïde viennent s’ajouter aux nombreux cas de paludisme.
L’Eglise évangélique réformée d’Angola (IERA) possède depuis 1988 un centre de santé dans ce quartier très défavorisé. L’essentiel des consultations concerne la pédiatrie, les femmes enceintes, les vaccinations, un appui médicamenteux ainsi que l’éducation à la santé dans un but préventif. Le centre possède également un laboratoire pour des analyses simples qui souvent ne fonctionne pas parce qu’en rupture de produits réactifs.
Le centre offre, dans ses locaux fort modestes qui nécessiteraient une réhabilitation et un agrandissement urgents, une soixantaine de consultations par jour soit près de 19’000 consultations annuelles.
Le centre devrait pouvoir acquérir des médicaments et des vaccins, car l’Etat n’en fournit qu’un petit nombre, toujours en quantité insuffisante et de plus de manière très irrégulière. Le souhait du centre serait aussi de pouvoir acquérir un nouveau générateur pour pomper l’eau nécessaire à son bon fonctionnement, et une ambulance pour pouvoir transporter certains patients à l’hôpital.
Dans l’avenir le centre souhaiterait pouvoir ouvrir 24h s/24. Cela impliquerait une augmentation du personnel médical et infirmier, et la construction de trois salles d’observation permettant à certains patients de passer une nuit sur place. Actuellement les patients en observation se trouvent dans les salles de consultation et doivent regagner leurs domiciles la nuit venue.
Développement communautaire par les femmes
L’institut biblique de Kinkuni, fondé en 1978 par l’Eglise évangélique réformée d’Angola, porte désormais le nom de Institut biblique IERA (IBIERA). Il dispense des cours bibliques et théologiques pour former les cadres de l’Eglise. Depuis l’an 2000 l’IERA a décidé de mettre sur pied une formation spécifique pour améliorer le niveau de connaissances des épouses de ses «ouvriers» (pasteurs, catéchètes, évangélistes, etc.).
Programme des cours
Les cours comprennent l’alphabétisation, l’économie domestique, l’hygiène et la santé, la cuisine avec un accent sur les aspects nutritionnels, l’animation et la direction de groupe, la coupe et la couture, le tricot et la broderie, le rôle de la femme dans son foyer, la liturgie et l’ornementation. Ils sont prévus sur une durée de 19 mois (9 mois de cours suivis de 15 jours d’examens par année), à raison de 6 heures par jour, deux jours par semaine. Trois enseignantes sont chargées de dispenser la formation dans chaque lieu et le responsable de l’IBK assurera la coordination et le suivi du projet.
Cette formation souhaite apporter aux femmes la possibilité de trouver des activités autres que les travaux astreignants des champs et la vente de quelques produits au bord des routes ou sur de petits marchés qui les obligent souvent à laisser leurs enfants en bas âge sous la garde des aînés souvent en âge de scolarité primaire et qui ne peuvent donc pas être scolarisés.
Durant le temps de la formation des femmes, leurs familles et leurs communautés s’engagent à veiller à ce qu’elles puissent suivre les cours et que les éléments qu’elles apportaient à la vie économique de leurs familles soient compensés par des coups de mains solidaires.
Budget 2012 : CHF 70'600.-
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